Un homme avait deux fils

Nous avons certainement déjà tous lu la parabole intitulée “l’enfant prodige”. Cette parabole nous enseigne sur le fils perdu qui est retourné chez son Père, et cet aspect est vrai et précieux. Cependant, cette parabole n’est pas uniquement sur le fils perdu, il est aussi question du fils aîné, mais surtout elle nous révèle un autre aspect tout aussi important : l’amour du Père pour ses deux fils.

La parabole parle donc d’un Père et de deux fils. Le cadet est appelé perdu. L’aîné n’est pas qualifié ainsi, mais son attitude révèle un éloignement intérieur. On pourrait donc dire qu’il était aussi perdu mais d’une autre manière.

“Il dit aussi : Un homme avait deux fils.” Loukas (Luc) 15:11

Le Père sort pour le cadet, perdu dans le monde. Il sort aussi pour l’aîné, dehors dans le service, loin de Son cœur. Le fils cadet était physiquement et spirituellement éloigné du Père. Le fils aîné, bien qu’étant avec le Père, était spirituellement loin de Son cœur.

Il y a parfois dans la maison du Père ces deux catégories de fils : d’autres perdus dans le monde, attirés par l’amour du monde, et d’autres perdus dans le travail sans saisir l’amour du Père.

Il y a donc ceux qui repartent dans leur vomi, à vivre comme des païens et ceux qui sont frustrés loin de la maison du Père. Ces deux formes d’éloignement trouvent leur racine dans une méconnaissance du cœur du Père.

Le fils cadet : perdu dans le monde

“Et le plus jeune d’entre eux dit au père : Père, donne-moi la part de bien qui m’appartient. Et il leur partagea son bien. Et peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant d’une façon libertine.” Loukas (Luc) 15:12-13

Après avoir tout gaspillé et s’être retrouvé dans le besoin, il décida de rentrer, connaissant la générosité de son Père. Il pensait bénéficier de plus de bonté en revenant comme simple serviteur.

Ce raisonnement révèle une connaissance de la bonté du Père, mais non une véritable relation avec Lui. Penser rentrer comme serviteur, alors qu’il a toujours été fils, était une vision faussée du Père.

Il connaissait le Père comme les serviteurs pouvaient le connaître, mais il lui manquait la connaissance intime et relationnelle. Son retour n’était pas premièrement motivé par amour pour le Père, mais par souffrance du monde extérieur. En demandant son héritage du vivant de son Père, il avait choisi une vie loin de Lui, ignorant que le monde qui l’attirait ne pouvait rien lui apporter.

Le fils aîné : perdu dans le service

Quant au fils aîné, bien qu’étant resté physiquement auprès du Père, il n’avait pas conscience de sa place. Sa réaction au retour de son frère révèle l’état de son cœur.

Sa frustration face au traitement réservé au cadet, son langage révèle qu’il se percevait davantage comme un serviteur que comme un fils, laissant supposer que son service était fondé sur une logique de mérite plutôt que sur la relation.

“Mais fâché, il ne voulait pas entrer. Son père étant donc sorti, l’exhortait. Mais répondant, il dit au père : Voilà tant d’années que je suis ton esclave, et je ne me suis jamais éloigné de ton commandement, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour me réjouir avec mes amis. Mais quand ton fils est arrivé, celui qui a dévoré ton bien avec des prostituées, c’est pour lui que tu as tué le veau gras !” Loukas (Luc) 15:28-30

Le fils aîné n’était pas reparti dans le monde, il était au service du Père mais avait perdu la révélation de Son cœur. Cette catégorie de personnes peut en venir à faire des choses pour attirer l’attention du Père ; elle se sacrifie, travaille dur, initie des choses. Elle agit non pas par relation mais par envie de démontrer sa valeur ou son mérite.

“Or son fils aîné était dans le champ et, en revenant, comme il approchait de la maison, il entendit une symphonie et des danses.” Loukas (Luc) 15:25

Ici le champ peut symboliser le lieu du travail ou encore les œuvres. Voici un fils sérieux, servant le Père avec dévouement, mais sans la conscience de sa position. Lorsque nous sommes frustrés de voir les autres avancer, cela révèle que nous n’avons pas encore saisi l’amour du Père pour nous ni notre véritable identité. Cette jalousie est une insécurité.

Le fils aîné, au lieu d’entrer et de partager la joie de son Père, regarde à ses propres manques. Il passe à côté d’un moment de réjouissance. Parfois le ciel fête, et nous restons dans la tristesse. Connaître le cœur du Père, c’est ressentir ce qu’il ressent.

Identité avant le service

Il a été dit de Yéhoshoua : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé”, non pas après son ministère, mais avant le début de son ministère public. Nous ne devenons pas fils à force de servir ; nous servons parce que nous sommes fils. C’est parce que le Père nous accueille et nous agrée qu’il nous associe à son œuvre. Notre service est un acte d’obéissance né de cette grâce.

Servir sans premièrement connaître son identité, c’est être exposé à l’amertume, à la comparaison et à plein d’autres choses semblables.

Aujourd’hui, nous assistons à une rareté de fils et de filles du Royaume qui s’élèvent pour défendre les intérêts du Père non pas pour un gain sordide, mais parce qu’ils aiment le Père et savent que le Père les aime. Il est rare de voir des fils et des filles qui agissent par relation et non par pression sociale ou quête de reconnaissance extérieure.

L’amour du Père

Le Père est sorti à la rencontre de son fils cadet qui rentrait de ses mésaventures. Il est aussi sorti à la rencontre de son fils qui rentrait du champ. Le fils cadet avait le cœur plein de remords, l’aîné le cœur plein de colère. Mais à chaque fois, le Père est sorti.

Le fils cadet a offensé le Père, mais l’amour du Père l’a précédé. À peine l’aperçoit-il de loin qu’il court à sa rencontre sans reproche. Le Père est pressé d’être avec ses enfants ; il prépare un festin ! Alléluia !

Cette parabole nous enseigne qu’on peut avoir une apparence de sanctification tout en nourrissant un cœur aigri contre le Père. Parfois à cause d’incompréhensions ou d’un sentiment d’injustice. On voit les autres obtenir des choses qu’on n’a pas, alors on se demande pourquoi le Seigneur donne aux autres et pas à nous alors qu’on prie.

On oublie notre identité, on oublie ce que le Père nous a déjà donné pour se comparer aux autres.

Ce récit met en lumière l’amour du Père, celui qui vient à la rencontre de ses enfants. Le fils aîné ne voulait plus rentrer dans la maison, car il avait commencé à considérer que le Père était injuste en fonction de la manière dont il voyait son frère être traité. L’amour du Père pour son frère lui avait fait oublier l’amour du Père pour lui.

Combien de fois les cœurs se détournent de la grâce d’être ses enfants et deviennent aigris en fonction de ce qui se passe autour.

La bonne nouvelle, c’est qu’à chaque fois, le Père sort, et là encore le Père tend sa main pour ramener ses enfants à la maison.

Rappelons enfin que cette parabole était aussi donnée pour enseigner aux pharisiens et aux scribes, qui ne comprenaient pas pourquoi le Seigneur accueillait des personnes de mauvaises vies. Les pharisiens avaient pourtant la Torah, mais ne connaissaient pas Son cœur. Ils jugeaient les autres selon l’apparence, alors qu’eux-mêmes avaient des cœurs pleins de rapines.

Pour eux, les perdus, c’étaient les publicains ; ils oubliaient qu’eux-mêmes, bien que défenseurs de la Torah, étaient aussi perdus. Ils ignoraient l’amour que le Père a pour ses brebis. Ils ne comprenaient pas que le Père puisse sortir pour aller chercher la brebis égarée.

Connaître le cœur du Père est indispensable pour rester et pour revenir dans la maison si nous nous sommes égarés.

“Car j’estime que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d’être comparées à la gloire qui est sur le point d’être révélée pour nous. ” Romains 8:18

La souffrance, les difficultés ne sont pas l’absence de l’amour du Père ni son rejet. Cette vérité est visible aussi dans la vie de Yéhoshoua, pourtant bien qu’étant Fils, il est passé par la souffrance.

“Bien qu’étant Fils, il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes.” Hébreux 5:8

L’appel à servir le Père comme des fils

Il est temps de se lever pour servir, non pas comme les gens du dehors, mais comme des fils. On peut être déçu par des hommes au point de ne plus vouloir servir le Seigneur, de ne plus croire à l’appel du Seigneur. Cependant, comme des fils et des filles du Royaume, réalisons que notre place, ce n’est pas dehors mais dans la maison du Père. C’est le Père qui nous appelle !

Nous n’avons pas besoin de faire semblant pour impressionner les chrétiens, car c’est une histoire de notre cœur face au cœur du Père. Son désir est de se révéler, Il veut que nous puissions connaître les profondeurs de Son amour. S’il est descendu, s’il s’est sacrifié, c’est parce qu’Il nous a aimés.

Connaître le Père nous fait entrer dans notre identité. Car il est écrit: “Aussi longtemps que l’héritier est enfant, il ne diffère en rien d’un esclave, quoiqu’il soit le seigneur de tout.” Galates 4:1. Le mot “enfant” ici, dans le grec nēpios, désigne aussi un ignorant.

Le Père nous appelle donc à rester dans la maison, et à le chercher. Car il désire se révéler à ses enfants.

“Nous connaîtrons, et nous suivrons YHWH afin de le connaître ! Sa venue est certaine comme l’aurore. Il viendra pour nous comme la pluie, comme la pluie du printemps qui arrose la terre.” Hoshea (Osée) 6:3

Paix et grâce dans vos maisons !

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